Halloween, reflet d’une société sans espérance

Transmettre désapprouve Halloween. Mieux vaut agir que subir: pourquoi accepterions d’être pris en otages par la mode Halloween chaque année au moment de la Toussaint? Voici des arguments pour nous aider à y résister.

Une éducation au laid

Promenez-vous dans les rayons Halloween de votre supermarché et demandez à vos enfants leur avis: est-ce beau? A quoi cela fait-il penser? Comparez à ce qu’ils trouvent beau… Avec un peu de bon sens, tout enfant reconnaît la laideur de ces accessoires – squelettes, araignées, masques de sorcières… – : veut-il se déguiser en “laid”? La mode Halloween est anti-éducative: elle considère l’enfant comme incapable de s’élever à toute contemplation de la beauté. Le laid serait plus accessible à tous. Mais cette laideur ténébreuse n’est pas innocente, car pour nous chrétiens, le beau nous relie à Dieu et une âme pure est aussi une âme belle. La Sainte Vierge est toujours représentée comme belle: Tota pulchra es!

Une exploitation mercantile de l’enfance

Après la rentrée et en attendant le Père Noël, Halloween est la fête commerciale de l’automne. Véritable industrie dans les pays anglosaxons, Halloween est devenue en France comme dans la plupart des grands pays un marché prospère, fondé sur un événement amplifié par les médias. Habituons nos enfants à prendre du recul par rapport aux modes médiatiques de la société de consommation: ils y gagneront en force d’âme.

Une fête “consensuelle”

L’un des arguments des défenseurs d’Halloween, c’est sa relative neutralité: cette fête n’engage apparemment pas à grand-chose et les pratiquants de toutes les religions peuvent y participer sans danger.

Les propagateurs d’Halloween présentent cette fête – jusque dans la littérature enfantine – comme “le passage de la lumière à l’obscurité” et autres significations de la même farine. Pourquoi pas une célébration zoroastrienne ou une farandole autour d’arbres de la liberté ? Sa prétendue ancienneté n’est pas un gage de neutralité. Il est d’ailleurs intéressant d’observer comment cette fête est vécue aux Etats-Unis. Deux aspects coexistent:
Le 31 octobre est le nouvel an du calendrier des sorciers et des satanistes, car c’est le passage vers ce qui est “froid, noir et mort”. Pour eux, la signification d’Halloween n’a aucune ambiguïté…
– Pour la grande majorité de la population, Halloween est une fête populaire. Elle se distingue de Noël comme “politiquement correcte”, apparemment sans dimension religieuse. De grandes célébrations nationales jalonnent et rythment la vie du citoyen américain, jusqu’à constituer sa nouvelle année liturgique. Cette “culture” a tendance a imprégner notre civilisation: sous couvert de réunir joyeusement tout le monde, on substitue aux véritables fêtes liturgiques des événements médiatiques artificiels, des contrefaçons inquiétantes. Car les rites d’Halloween ne sont pas dénués de signification…

Une fête en contradiction avec la Foi

Plutôt que d’analyser par le détail chaque rite d’Halloween, intéressons nous à l’ambiance créée par cette fête. Ainsi nous pourrons la comparer aux attitudes d’âme du chrétien lors de la Toussaint et de la commémoration des défunts. Halloween est indissociable d’une vision particulière de la mort. Qu’on en ait conscience ou non, cette fête caricature les angoisses non formulées de l’homme devant la mort, le diable et l’au-delà. Elle tente aussi de les évacuer par le simulacre, le bruit et la dérision. La mort n’est qu’un cadavre en état de décomposition, représentée dans une ambiance de laideur grotesque…

Les défilés macabres d’Halloween sont aux antipodes de la joie des habitants de la nouvelle Jérusalem que nous contemplons à la Toussaint. La décomposition des corps ne résume pas notre fin. Le corps, marqué par le baptême, continue à garder les germes de la vie éternelle et, malgré la blessure de cette corruption passagère, il est appelé à ressusciter. Les fêtes des 1er et 2 novembre sont pour les chrétiens une occasion de vivre une communion plus intense avec l’Eglise triomphante à la Toussaint, figure de la fête éternelle du Ciel, et avec l’Eglise souffrante lors de la commémoration des fidèles défunts.

Malgré son apparente “neutralité joyeuse”, appuyée sur la force de la société de consommation, Halloween inculque à nos enfants un sens de l’esthétique dégradant. Elle est le reflet d’une société sans espérance quant à ses fins dernières. En contemplant à la Toussaint tant de modèles de vies renouvelées jusque dans la clarté qui illuminera jusqu’à leur corps, nous pourrons témoigner de la joie du Ressuscité.